Demander un stage quand il n’y a plus d’école derrière soi, c’est souvent le même mur : « il nous faut une convention ». Et ce n’est pas une lubie RH. C’est un cadre légal, un filet de sécurité, un document qui protège tout le monde, notamment via l’assurance. Le problème, c’est que beaucoup de candidats se retrouvent entre deux chaises : motivés, disponibles, prêts à apprendre… mais sans structure pour signer.
Alors, que faire, concrètement, quand une entreprise demande une convention de stage et qu’aucun établissement (ou aucune école) ne peut la délivrer ? Il existe des pistes solides, des dispositifs encadrés, et quelques alternatives qui évitent de bricoler… et de se mettre en difficulté. Ça paraît théorique, dit comme ça. Pourtant, sur le terrain, c’est souvent une histoire de bon vocabulaire et de bon dispositif.
Vous cherchez une convention… mais vous n’êtes pas en école : on pose le décor
Les situations reviennent souvent : reconversion, fin d’études, pause après un premier emploi, parcours autodidacte, départ à l’étranger, ou simple envie de tester un secteur avant de s’engager. Côté entreprise, la demande est réelle : une personne qui aide sur des missions, apprend vite, s’intègre à l’équipe, sans passer tout de suite par un contrat long. Sur le papier, le stage paraît idéal. Dans la vraie vie, sans école, la convention devient le verrou.
Avant d’aller plus loin, une étape aide à cadrer la démarche : clarifier la cible et la stratégie de candidature. Cette ressource sur la recherche d’un stage permet d’éviter un classique : démarcher « au feeling » et se heurter à des refus uniquement parce que le statut n’est pas clair. Et oui, ça arrive même quand le CV plaît : un recruteur peut adorer un profil… puis s’arrêter net au mot « convention ».
À quoi sert une convention de stage, concrètement ?
Une convention encadre le stage : les missions, la durée, les horaires, le lieu, le tuteur en entreprise, le référent côté école (ou organisme), la gratification éventuelle, l’assurance, les règles de confidentialité. Elle pose aussi des limites : ce que le stagiaire peut faire, et surtout ce qu’il ne doit pas faire à la place d’un salarié.
Toutefois, une convention n’est pas un contrat de travail. Elle ne sert pas à « essayer quelqu’un » comme une période d’essai déguisée. Et elle ne transforme pas un besoin de production en stage gratuit. Ce point paraît évident… jusqu’au jour où une entreprise propose un stage “hors convention”, avec des objectifs de travail comme un poste. C’est précisément là que les ennuis commencent : accident, conflit, rupture brutale… et plus personne ne sait sur quel texte s’appuyer.
Peut-on signer une convention de stage sans école en France ?
En France, le principe est simple : un stage s’inscrit dans un cursus de formation. Autrement dit, il faut un cadre pédagogique, un suivi, et un signataire habilité. Sans statut d’étudiant (ou inscrit dans une formation), obtenir une convention de stage est, dans la majorité des cas, bloqué.
Il existe pourtant des “solutions” tentantes : convention de complaisance, fausse inscription, promesse orale de « signer plus tard », ou stage “juste un mois” sans papier. Sur le moment, cela semble débloquer la situation. Mais juridiquement, c’est fragile pour l’entreprise, risqué pour le candidat, et rarement valorisable ensuite. Quand ça se passe mal, il n’y a plus de cadre, plus de protection, plus de règles claires. Et, détail qui pique : certaines structures refusent ensuite d’attester quoi que ce soit, par peur de “laisser une trace”.
Qui peut délivrer une convention : les acteurs à connaître
L’acteur le plus connu reste l’école ou l’université. Mais il n’est pas le seul : un organisme de formation peut aussi prévoir une période en entreprise avec un document équivalent, à condition que ce soit intégré au parcours. Certaines structures d’accompagnement (notamment pour l’insertion des jeunes) permettent également une mise en relation encadrée.
Ce que l’entreprise attend, au fond, est pragmatique : une convention standard, des dates, des missions raisonnables, et une personne référente joignable si besoin. Quand ce point manque, la plupart des RH préfèrent dire non, même si le profil plaît. Et c’est logique : personne n’a envie de porter seul un risque administratif “pour rendre service”.
Votre check-list avant de démarcher une entreprise (oui, avant)
Avant d’envoyer dix candidatures, mieux vaut sécuriser trois éléments : la période visée, les missions possibles, et la situation administrative. Cela évite l’échange pénible où l’entreprise demande une convention au dernier moment… et où tout s’arrête net. Concrètement, c’est aussi une façon de se sentir moins “en demande” et plus dans la proposition.
- Période : dates réalistes, durée, rythme (temps plein ou partiel).
- Missions : 3 à 5 tâches concrètes, niveau attendu, livrables.
- Cadre : convention possible via école/formation/pmsmp, ou bascule vers un contrat.
- Assurance : responsabilité civile, couverture en cas d’accident selon le dispositif.
- Contraintes : gratification, télétravail, déplacements, horaires.
Un mini dossier bien préparé (CV, objectifs, disponibilités, et solution légale proposée) fait gagner un temps fou. Et, expérience vécue côté candidats : annoncer trop tard l’absence d’école crée un malaise inutile. Mieux vaut le dire vite, calmement, et tout de suite proposer une porte de sortie (PMSMP, formation, contrat). La discussion change instantanément.
Modèle de convention de stage : comment l’utiliser sans vous tromper
Un modèle de convention de stage sert d’abord de trame. Il montre les rubriques incontournables : identité des parties, dates, missions, encadrement, gratification, assurance, clauses diverses, signatures. Il peut aussi lister des pièces jointes (annexe sur les missions, règles internes, fiche de sécurité). C’est un peu comme un plan de maison : utile pour se repérer, mais insuffisant si personne n’a le droit de signer le permis.
Point clé, toutefois : un modèle ne “vaut” rien sans organisme signataire. Il ne remplace pas une convention officielle délivrée par une école ou un organisme habilité. Mais il aide à cadrer la discussion avec l’entreprise : les missions sont posées, la période est claire, et la question du statut est traitée dès le début. Et ça évite un dialogue absurde du type : “On signe quoi ?” “On ne sait pas.”
Modèle téléchargeable (à copier-coller en document) : ce contenu fournit une structure prête à remplir. Il doit ensuite être remplacé ou validé par la convention émise par l’organisme qui encadre réellement le stage. Astuce simple : préparer ce modèle en amont permet, lors d’un entretien, de parler “rubriques” plutôt que “paperasse”.
- 1. Informations : entreprise, candidat, adresse, contact, tuteur.
- 2. Objet : stage d’observation / d’application, contexte, objectifs.
- 3. Période : dates, durée hebdomadaire, horaires.
- 4. Missions : liste précise, limites, outils utilisés.
- 5. Encadrement : tuteur en entreprise, référent pédagogique, modalités de suivi.
- 6. Conditions : gratification, frais, accès aux locaux, télétravail.
- 7. Assurance : responsabilité civile, accidents, procédures.
- 8. Règles : confidentialité, propriété, sécurité, absence.
- 9. Signatures : entreprise, candidat, organisme/école.
7 alternatives légales à la convention de stage quand on n’est pas étudiant
1) PMSMP : tester un métier via France Travail ou une mission locale
La pmsmp (période de mise en situation en milieu professionnel) sert à découvrir un métier, confirmer un projet, ou vérifier une adéquation avec une entreprise. Elle passe par un cadre public (souvent France Travail ou une mission locale). La durée est encadrée, l’objectif est clair : observation, découverte, prise de repères, sans se substituer à un emploi.
Quand un stage “classique” coince faute d’école, la pmsmp devient souvent l’option la plus rapide. Et elle rassure une entreprise : document officiel, règles de travail, assurance, interlocuteur identifié. Dans la vraie vie, c’est souvent la première case à cocher.
2) Action de formation en organisme + période en entreprise
Une formation, même courte, peut intégrer une période d’application en entreprise. C’est là que la convention (ou un document équivalent) redevient possible : le stage s’inscrit dans un parcours, avec objectifs et suivi. À vérifier avant de s’engager : sérieux de l’organisme, contenu réel, assurance, et cohérence entre missions et programme.
En pratique, cela évite une erreur courante : chercher une convention d’abord, puis réfléchir à l’apprentissage ensuite. Là, c’est l’inverse, et c’est plus solide. Certaines formations le prévoient explicitement, d’autres non : mieux vaut demander noir sur blanc, sinon la “période en entreprise” reste un slogan.
3) Alternance : si vous visez un diplôme ou un titre
L’alternance change la logique : ce n’est plus un stage, c’est un contrat (apprentissage ou professionnalisation). Avantage immédiat : statut salarié, droits clairs, et une place assumée dans l’entreprise. En contrepartie, l’engagement est plus long et demande une vraie organisation (rythme, cours, évaluations). Tout le monde n’a pas l’énergie pour ça sur le moment, et c’est normal.
Pour un étudiant ou un candidat qui redevient étudiant via une inscription, c’est souvent une solution très lisible. Et, côté recruteur, le mot “contrat” change tout : soudain, le sujet n’est plus “qui signe la convention ?” mais “comment on s’organise ?”.
4) CDD/CDI « débutant » avec missions progressives
Parfois, la meilleure alternative au stage sans convention, c’est l’emploi junior. Un CDD ou un CDI peut démarrer avec des missions progressives, un onboarding renforcé, et des objectifs réalistes. L’important est de sécuriser le cadre : fiche de poste, accompagnement, points réguliers. Un contrat bien posé vaut mieux qu’un stage flou, même si la tentation du “test” existe des deux côtés.
Autre avantage, rarement dit : cet emploi laisse des preuves concrètes (références, résultats), plus simples à expliquer ensuite qu’une “expérience” informelle. Et en entretien, ça pèse.
5) Intérim pour mettre un pied dans l’entreprise
L’intérim permet d’entrer vite, de comprendre un secteur, d’accumuler du travail, et d’étoffer un CV. C’est utile quand le besoin est surtout de reprendre un rythme et d’obtenir des références. Limite classique : les missions peuvent être courtes, parfois répétitives, et pas toujours formatrices. Mais comme tremplin vers un emploi plus stable, cela fonctionne, surtout si un projet de montée en compétences est posé.
6) Bénévolat ou volontariat (cadre associatif) pour gagner en expérience
Le bénévolat est une piste solide, à condition de rester dans un cadre associatif et de ne pas remplacer un poste salarié. Le volontariat, lui, obéit à des règles spécifiques. Dans les deux cas, le secret est de structurer : missions définies, livrables, calendrier, responsable côté association. Présenté clairement, c’est de l’expérience. Pas “du temps perdu”.
Un détail qui change beaucoup : formaliser une fiche de mission et un point hebdomadaire. C’est simple, parfois un peu gênant au début (“On va vraiment écrire ça ?”), mais cela rend l’expérience lisible, donc utile quand il faut raconter ce qui a été fait.
7) Immersion courte via réseau pro (job shadowing) + projet concret
Une immersion d’observation, via réseau professionnel, peut aider à comprendre un métier et à créer du lien. L’idée : quelques demi-journées, des échanges, et éventuellement un mini-projet personnel (portfolio, note de synthèse, étude) réalisé hors production interne. À cadrer, impérativement : confidentialité, assurance si présence sur site, et pas de contribution assimilable à du travail salarié.
Concrètement, ce type d’immersion sert surtout à ouvrir des portes. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut pour passer d’un “non” poli à une vraie proposition, plus cadrée, plus simple à défendre en interne.
Ce que l’entreprise a le droit de vous demander… et ce qu’elle n’a pas le droit d’exiger
Une entreprise peut demander un CV, une disponibilité, des informations administratives raisonnables, et une convention valide pour un stage. Elle peut aussi demander un cadre clair si la personne vient sur site. Mais exiger un stage sans convention, ou demander une présence “comme un salarié” sans contrat, c’est le signal d’alerte. Et ce n’est pas “chipoter”, c’est se protéger.
Repère simple : si les missions ressemblent à un poste (objectifs chiffrés, autonomie totale, pression de production), il faut un contrat de travail. Un stage, lui, est censé apprendre, encadrer, progresser. Rarement “tenir la boutique”. Et si quelqu’un vous vend ça comme normal, mieux vaut respirer et relire l’annonce.
Comment candidater sans convention : 3 scripts de message qui rassurent
Option PMSMP : « Disponible pour découvrir le poste via une pmsmp. Le dispositif est encadré et permet une mise en situation courte. Un interlocuteur (mission locale / France Travail) gère le cadre et l’assurance. »
Option formation : « Inscription en formation en cours / à venir. Une période en entreprise est prévue, avec convention et suivi. Les missions envisagées : … sur … semaines. »
Option contrat : « Objectif : emploi. Ouverture à un CDD, CDI ou intérim, avec un démarrage progressif et un accompagnement prévu. Proposition de mission : … afin de monter en compétences rapidement. »
Erreurs fréquentes (et comment les éviter sans stress)
Première erreur : confondre stage et période d’essai. Une période d’essai existe dans un contrat, pas dans une convention. Deuxième erreur : accepter une promesse floue du type “on verra pour la convention”. Troisième erreur : négliger l’assurance, surtout en présence sur site. C’est le genre de point que tout le monde repousse… jusqu’au jour où un incident arrive (une chute, un matériel abîmé, un trajet mal couvert).
Autre point souvent oublié : vérifier le contenu des missions et l’existence d’un tuteur en entreprise. Sans encadrement, l’expérience tourne vite au “débrouille-toi”, et c’est rarement bon, ni pour apprendre, ni pour candidater ensuite. Un tuteur disponible, même 30 minutes par semaine, change la donne.
Décider vite : quel choix selon votre situation ?
Pour choisir, une grille simple aide : objectif (découvrir / se former / être recruté), délai, besoin de revenus, niveau d’encadrement. Un stage encadré sert surtout à apprendre. Une pmsmp sert à tester vite. Une formation débloque une convention. Un contrat sert à travailler et à sécuriser.
La question utile, au fond, tient en une phrase : apprendre, prouver, ou être embauché maintenant ? La réponse change tout, y compris la manière de parler aux recruteurs, et le type de statut à proposer. Quand c’est clair dans la tête, les messages deviennent plus simples, moins “désolé de déranger”.
Astuce bonus pour décrocher une opportunité même sans convention
Quand la convention bloque, transformer la demande en proposition change la dynamique : une mission courte, un livrable, un calendrier, et un suivi. Par exemple : une semaine d’observation, puis une restitution structurée, puis une décision sur la suite (pmsmp, formation, contrat). Cela rassure l’entreprise, et cela évite de demander un stage “dans le vide”.
Enfin, préparer une sortie propre dès le départ : quelles compétences seront acquises, quelles preuves pourront être montrées (compte rendu, portfolio, livrables autorisés), et comment les présenter en candidature. Un stage, avec ou sans école, n’a d’intérêt que s’il laisse une trace claire et défendable dans une vie professionnelle — et, au passage, dans un monde où beaucoup de recruteurs veulent du concret.
Petit bonus pratique : si une inscription à distance est envisagée (via le cned ou un autre dispositif), vérifier en amont si une convention est bien prévue, et dans quelles conditions. C’est un détail, mais il évite des semaines de flou. Et pour ceux qui ont déjà tenté : oui, parfois on découvre trop tard que “stage possible” veut dire “stage possible sous conditions très précises”.
Dernier repère, parce qu’il revient souvent : ce n’est pas “interdit” de vouloir apprendre, au contraire. Ce qui coince, c’est la forme. En respectant la loi, en choisissant le bon dispositif, et en s’appuyant sur les bons organismes, il devient possible de bénéficier d’une vraie immersion et d’une expérience utile, même sans convention de stage signée par une école classique. Et si une porte se ferme, ce n’est pas toujours un “non” : parfois, c’est juste le mauvais format.
Sources :
- service-public.fr
- travail-emploi.gouv.fr
- francetravail.fr
